Mes jambes n’en peuvent plus, aidez-moi, il faut bien que je me déplace…..

 

Les chimiothérapies,les radiothérapies ambulatoires, les dialyses entraînent souvent des déplacements fastidieux que des centaines de patients âgés à la mobilité réduite, privés de véhicule et d’entourage, sont bien forcés d’accomplir seuls malgré les insupportables douleurs que leur corps leur inflige.
Ce qui suit peut paraître banal. Banal vraiment ? Pour beaucoup d’entre nous peut-être, mais pas pour tous. Dévaler des escaliers, conduire, marcher…autant de richesses en notre possession  qu’on  ne devine même pas.
Vous en doutez ? Vous allez comprendre…


 
 
  Et si demain vous deveniez à votre tour l’un ou l’une de nos chauffeurs bénévoles ?
 
 


Ce matin j’ai un rendez-vous chez le médecin et comme d’habitude dans ce genre d’évènement, je me lève à l’aube, car du temps il m’en faut pour arriver à l’heure. J’habite au 3ème étage d’un immeuble sans ascenseur. Mes jambes me font mal, j’ai le souffle court et il me faudra bien plusieurs minutes pour effacer une à une toutes ces marches d’escalier. Et dire qu’après je devrais à nouveau les affronter, mais dans l’autre sens…évidemment.

Dehors la pluie a rendu les trottoirs glissants. L’arrêt de bus est juste en face, mais pour l’atteindre je n’ai pas d’autre choix que de traverser cette avenue. Bon sang que ces feux pour piétons sont mal réglés. J’ai beau forcer l’allure, je n’avance pas plus vite. Du coin de l’œil, je repère les 2 files de voitures prêtes à s’élancer. Je vois qu’un conducteur  tambourine sur son volant, il n’a pas eu de peine à deviner que je serais encore engagé sur la chaussée  l’empêchant de prendre son départ. J’ai peur, je ne le  montre surtout pas, mais j’ai vraiment la frousse d’être renversé sur le bitume.

Bon, cela ne sera pas pour cette fois, mais le bus ne m’a pas attendu, j’attends le suivant, je me hisse à l’intérieur et là, il faut faire preuve d’humilité je vous jure. Parfois quelqu’un se lève spontanément pour me céder son siège. Parfois seulement. Mais le plus souvent, je demande la charité d’une place assise, et bien sûr j’ai mes exigences. Il ne faut surtout pas que je sois trop éloigné de la porte, sinon c’est à l’arrêt suivant que je serais contraint de descendre et ça c’est hors de question. Ensuite ? Eh bien il me faudra encore rentrer chez moi, mais ça, c’est une autre histoire.

Parce qu’elles ont eu connaissance de l’existence des Services des Transports de la
Croix-Rouge vaudoise près de 1600 personnes ne vivent plus le calvaire évoqué
ci-dessus.
Et si demain vous deveniez à votre tour l’un ou l’une de nos chauffeurs bénévoles?



 
  Claude Gross
Directeur de la Croix-Rouge vaudoise
   
 


 

     
 
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