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Le Mouvement Croix-Rouge

 

« En ce qui concerne la Croix-Rouge, il n'y a pas de guerre juste et de guerre injuste, il n'y a que des victimes qui ont besoin d'aide. » (Jean Pictet, 1979)

Le 24 juin 1859...

Dans la Province de Mantoue, au nord de l'Italie, un petit village entre ce jour-là dans l'histoire : c'est Solferino.
L'Empereur Napoléon III, à la tête d'une armée franco-piémontaise, écrase les Autrichiens. C'est une bataille extrêmement meurtrière. Des milliers de blessés agonisent faute de soins. Des appels aux secours restent sans réponse. Témoin de cette tragédie, un citoyen suisse, Henry Dunant, improvise des secours avec le concours des populations civiles locales.

Il assiste sans discrimination les soldats des deux camps. Alors les premiers bénévoles de cette aide aux victimes de la guerre s'écrient : « Tutti fratelli. Nous sommes tous frères ». Fortement ébranlé par ce qu'il vient de voir, Henry Dunant publiera à son retour l'un des premiers reportages de guerre : « Un Souvenir de Solferino » dans lequel il dénonce les horreurs des combats.

... la Croix-Rouge est née !

A partir de ce jour, des milliers d'hommes, de civils, de soldats, de prisonniers, auront droit à ces gestes fraternels qui rendent moins cruelles les heures d'épreuve et de souffrance.
5 ans après Solferino, l'idée d'Henry Dunant a fait son chemin. Un comité de 5 personnes s'est constitué à Genève afin d'examiner les moyens à mettre en œuvre pour protéger les blessés sur les champs de bataille.

Une conférence internationale se réunit à Genève. Seize nations y participent, dont la France. Elles décident de créer, dans chaque pays, des comités de secours et choisissent un emblème : une croix rouge sur fond blanc. Les Etats adoptent des règles internationales définissant le sort des personnes aux mains de l'ennemi et qui ne participent pas au combat : ce sont les Conventions de Genève, dont la première vit le jour le 22 août 1864.

Les Conventions de Genève

Le Droit International Humanitaire a été adapté au fil des ans, sous l’égide du CICR, en fonction de l’évolution de la guerre moderne. Depuis 1949, quatre Conventions et deux Protocoles additionnels garantissent des droits fondamentaux aux blessés, aux prisonniers et aux populations civiles, qu’il s’agisse d’un conflit armé international ou interne.

Même la guerre a des limites !

Même dans la guerre et à l'égard de l'ennemi, les hommes doivent observer certaines règles d'humanité qui ont pour but le respect de l'être humain et de sa dignité : ces règles commandent que les civils ne soient pas impliqués dans les hostilités et que les militaires hors de combat soient protégés ; que ceux qui souffrent soient secourus et soignés sans aucune discrimination et que leur dignité soit respectée.

C'est l'esprit qui inspire les Conventions de Genève.

Celles-ci ne reconnaissent pour seul but à la guerre que l'affaiblissement des forces armées adverses, ce qui interdit, notamment, le recours à la terreur et à la famine, les représailles ou les déportations de populations, mais aussi, par exemple, les dommages irréparables causés à l'environnement ou au patrimoine culturel de l'humanité.

Le Mouvement International de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge contribue à l'extension et à la promotion du Droit International Humanitaire (DIH). En assurant sa diffusion, en exerçant une action constante auprès des Etats, il s'efforce d'en faire respecter les principes et l'application lors des conflits. Il met également tout en œuvre pour favoriser l'adoption de règles toujours plus protectrices. Ainsi, la Croix-Rouge, en témoignant de son action constante en faveur des victimes, et en diffusant son éthique de tolérance et de dialogue, contribue à la prévention des conflits et des tensions.

Le Droit International Humanitaire

LES CONVENTIONS

La 1ère Convention concerne la protection des malades et blessés des forces armées en campagne.

La 2ème Convention a trait à la protection des malades et blessés et naufragés dans les forces armées sur mer.

La 3ème Convention concerne le traitement des prisonniers de guerre.

La 4ème Convention traite de la protection des populations civiles.

 

LES 2 PROTOCOLES ADDITIONNELS

Protocole 1 : relatif à la protection des victimes des conflits armés internationaux.

Protocole 2 : relatif à la protection des victimes de conflits armés non internationaux.

Protocole 3 : relatif à l'adoption d'emblème additionnel, le crystal rouge.

Le protocole n°1 n'a pas été ratifié par la France. En revanche, la France a adhéré le 23 décembre 1983 au protocole n°2.
Les Conventions de Genève donnent au CICR le mandat spécifique d’assister et de protéger les victimes des guerres et des conflits internes.